"Tentative de coexistence entre ruminantes"
par la Compagnie Rouge Ciel
Sortie de résidence :
Samedi 5 septembre · Horaire à préciser // Ferme de Candé (14 allée de Candé - Saint-Xandre)
Tout public à partir de 10 ans // Non accessible aux PMR
Théâtre inter-espèces en prairie pour une humaine et un troupeau de vaches, au rythme des vivants du champ.
ATTENTION, SORTIE DE RÉSIDENCE SUR RÉSERVATION !
La sortie de résidence est immersive avec un dispositif d’écoute au casque (et donc une jauge limitée !). Il peut ne pas convenir aux personnes disposant d’une aide auditive.
ATTENTION, SORTIE DE RÉSIDENCE À LA FERME !!
La sortie de résidence prend place au milieu d’un champ appartenant à la Ferme de Candé. Prévoir une tenue adaptée, et notamment les chaussures. Pour rejoindre le champ de la représentation, une petite marche sera nécessaire ; cette sortie est non accessible aux PMR.

OUVERTURE DES RÉSERVATIONS POUR LA SORTIE DE RÉSIDENCE FIN AOÛT
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Dans un espace vaste, un champ de plusieurs hectares, paissent des vaches. On ne voit qu’elles, et le ciel. On sent le vent sur nos peaux et le soleil parfois éblouit. On entend les brins d’herbe s’agiter et les oiseaux se tutoyer.
Assis face au pré, on contemple cette scène de la vie ordinaire des troupeaux. L’existence ici s’organise sans nous, cette fois nous le constatons. Au bout d’un moment, un long moment, on repère au milieu de ce tableau une femme ; une humaine, en minorité dans le paysage.
Déçue de la société des hommes, misanthrope d’un genre nouveau, elle s’est retranchée là – peut-être pour se retrouver elle. Elle cherche sa place dans le pré, tente d’intégrer le troupeau de bovins et d’habiter le paysage.
Elle rencontre un rapport différent au temps, à l’espace, au langage, aux actions, aux vivants. Les vaches sont les seuls mammifères à qui elle a affaire.
Comment relationne-t-on avec des vaches ? Comment se parle-ton ? A quel prix se rencontre-t-on ? Avec peur, douceur et maladresse, l’humaine essaie de coexister – sans apprivoiser.
Ce spectacle-paysage in situ, pour une actrice et plusieurs vaches, interroge notre place d’être humain dans le monde vivant.
Création 2027 // Durée : environ 1h30
Équipe
Conception, mise en scène, dramaturgie Mégane Arnaud
Texte Milène Tournier
Inteprètes Louise Housset et les vaches
Scénographie Clara Georges Sartorio
Création sonore Boris Billier
Regard extérieur Laure Terrier (Compagnie JEANNE SIMONE)
Costumes Marnie Langlois
Production Compagnie Rouge Ciel
Coproductions CNAREP : Sur le Pont – La Rochelle (17), Pronomade(s) en Haute-Garonne – Encausse-les-Thermes (31), Le Citron Jaune – Port-Saint-Louis-du-Rhône, Chalon dans la Rue – Chalon-sur-Saône (71), Lieux Publics – Marseille (13) / L’Atelier à spectacle, Dreux (28) / Théâtre La Passerelle – Scène nationale de Gap (05) / La Garance – Scène nationale de Cavaillon (84) / Terres vivaces / Bourse Entrée en Scène (ENSATT – Théâtre des Célestins – Théâtre de la Colline) / Les Ateliers Médicis, Clichy-sous-Bois (93) / Hors Cadre 2024 – Association des CNAREP
Soutiens Les Studios de Virecourt, Boivre-la-Vallée (86) / Lacaze aux sottises, Orion/Salies-de-Béarn (64) / Scènes Nomades, Brioux-sur-Boutonne (79) / Lycée agricole de Melle (79) / Communauté de communes Aunis Atlantique (17) / Bourse d’écriture 2023 – Beaumarchais – SACD

© Katell Paugam
Compagnie Rouge Ciel
(Charente-Maritime – 17)
Née à l’automne 2022, la Compagnie Rouge Ciel est installée en Charente-Maritime.
Constituée pour héberger les créations spectaculaires de la jeune metteuse en scène, Mégane Arnaud, Rouge Ciel a pour volonté de s’inscrire dans le processus de la décentralisation théâtrale initié par Jeanne Laurent. La compagnie souhaite notamment travailler sur un plan local, en tissant des relations étroites avec les habitant·e·s et les activités des territoires ruraux.
C’est dans ce cadre que le spectacle-paysage, pour une humaine et plusieurs vaches, Tentative de coexistence entre ruminantes cherche à se créer – rencontre avec des éleveurs/éleveuses et des fermes de la région. Rouge Ciel n’en démord pas : ce n’est qu’en allant à la rencontre des lieux et des gens, que de nouvelles manières de faire théâtre peuvent s’inventer et de nouveaux spectateur·ice·s se rencontrer.
La Compagnie Rouge Ciel aime jouer dedans et dehors, en paysage. Elle alterne les créations en boîte noire et d’autres en espaces non dédiés. Dehors, elle cherche à inclure dans ses créations les vivant·e·s non-humain·e·s qui peuplent le monde, tentant par-là de décentrer l’anthropos sur la scène, en inventant des dispositifs qui déplacent les cadres traditionnels de la représentation et ouvrent d’autres façons de regarder, d’écouter, de partager.
Rouge Ciel creuse un théâtre pudique, travaillant autour de la notion d’intime, comprise comme une dynamique relationnelle capable d’ouvrir par la parole, en soi et avec l’autre, un espace de vérité. Promouvant les formes contemporaines, la compagnie a pour ambition d’essayer, à sa mesure, d’inventer de nouveaux langages théâtraux, en collaborant avec des auteur·rice·s vivant·e·s, en bousculant les limites du fait théâtral.
Créations : Random Access Memories (2024)
En plus… l’intention du spectacle !
À l’origine de ce spectacle, une envie de paysages – d’espaces autres, vastes, vides, ouverts, hors de la ville. Et la tentative d’imaginer ce à quoi peut ressembler le théâtre, non seulement hors des boîtes noires et hors des cadres disciplinaires habituels, en laissant dialoguer le théâtre avec les arts dupaysage, les écritures sonores et une physicalité proche de la danse, mais aussi dans cet hors la ville, dans ces lieux, les champs, que l’humain modèle selon ses besoins autant qu’il les déserte. Qu’y rencontre-t-on ? D’autres formes de vie, végétales et animales, que l’on regarde peu, qu’on utilise et arraisonne. Parmi ces existences diverses dont je veux rendre manifeste la présence, le caractère vivant, sensible : des vaches.
Animal sacré dans certains pays ou à certaines époques, descendante d’une des plus anciennes espèces animales représentées puis domestiquées par l’homme (les aurochs), exploitée pour son lait, sa viande, ses veaux, sa force, la vache est chargée d’une pluralité de représentations et de symbolismes séculaires qui interviennent dans notre manière de la voir et de relationner avec elle. Depuis presque 20 000 ans (début du Néolithique et de l’élevage), nous cohabitons en grande proximité avec les vaches. Elles nous procurent d’immenses services, si bien que nous ne savons plus vivre sans elles.
Malgré cette codépendance prolongée et le topos qu’elles incarnent dans l’imaginaire rural (salon de l’Agriculture oblige), les vaches restent le plus souvent un détail du paysage, un fond, un aspect couleur locale du tableau général de “la campagne”. Nous ne les considérons pas pour elles-mêmes, comme sujets agissants, ni ne les distinguons les unes des autres. Pourtant, les troupeaux sont peuplés d’histoires et d’individus. Java n’est pas Rita, les maraîchines de Ludivine sont plus bavardes que celles de Sébastien, les highlands de Vernaison plus brutales que les maraîchines du marais breton.
L’art et le théâtre ont donc leur rôle à jouer pour nous permettre de les voir et les écouter autrement. Mon ambition n’est pas de faire un spectacle au sujet des vaches, mais avec elles. Porteuses d’une lenteur et d’une puissance poétique et réflexive, les vaches nous bousculent et nous permettent d’éprouver un questionnement plus large: celui de notre place d’être humain dans le monde vivant. Le spectacle interroge la possibilité des relations entre des êtres dont l’altérité résiste toujours, malgré les négociations infinies, malgré tous les langages. Des liens émancipateurs sont-ils possibles
entre espèces divisées en dominantes et dominées, en prédatrices et prédatées ? Le dispositif cherche à rappeler, à retrouver, dans le caractère
étonnant de la présence des vaches et la démarche incongrue de la figure humaine, l’étrangeté qu’il y a en chacun d’entre nous, l’incompressible distance qui demeure toujours dans l’interstice de nos compagnonnages.
