
"La Hauteur de l'Eau"
Une tentative de mesurer ce qui nous déborde
par la Compagnie chevale
Résidence : 1er -> 6 mars // Espace Bernard Giraudeau - Mireuil - La Rochelle
Sortie de résidence : Jeudi 5 mars · 18h // Esplanade des Archives - Mireuil - La Rochelle
-> Vous pourrez découvrir le spectacle dans sa forme finale lors de Fêtes le Pont fin mai.
Création 2026
Spectacle tout public dès 12 ans
Durée : 1h
Fiction poétique et musicale pour un horizon
Avant de mourir un homme pose une énigmatique question : « Quelle est la hauteur de l’eau ? ».
Depuis, celle qui l’aime, accrochée à cette question comme à une bouée de sauvetage, sonde, cherche, raconte.
Dans une quête qui nous emmène dans des profondeurs sans repère, le vertige s’invite. Alors elle invente : Une créature abyssale. Des conques de mémoire. Une passeuse de l’estran. Un oiseau dernier de son espèce. De drôles de dames. Mais de quelle eau s’agit-il ? Quelle ligne de flottaison ? Quel point de vue ? Peut on mesurer ce qui nous déborde?
La Hauteur de l’Eau est une traversée intime porté par une comédienne et deux musicien·ne·s, une cérémonie bancale à la douce étrangeté, quelque chose entre la berceuse et l’alerte. Un cri de crue.
Sur une place ou dans un champ une comédienne vous accueille. Cœur battant, elle plonge dans une histoire vraie tandis que les musicien·ne·s de chaque côté, matérialisant deux rives, donnent son à ce qui déborde.
Et vous, installez‑vous : vous êtes la berge.
« Laisse tout t’arriver : beauté ou peine. » Rainer Maria Rilke
Équipe
Écriture, conception, mise en scène Chantal Ermenault
Comédienne interprète Laure Bezolle
Musicien·ne·s interprètes Amélie Forestier, Julien Lot
Collaborations artistiques Valérie Véril, Anouk Guerbert, Cécile Delhommeau
Production : Chevale
Coproductions : Les Fabriques RéUniES : Sur le Pont · CNAREP en Nouvelle-Aquitaine – La Rochelle (17), TOPADA Fabrika – Louhossoa (64), Musicalarue – Luxey (40), Fest’arts et Le Liburnia – Libourne (33) / Iddac – Agence Culturelle du Département de la Gironde / OARA – Office Artistique de la Région Nouvelle-Aquitaine
Soutiens : La Coupole, Saint-Loubès (33) / Ville de Morcenx-la-Nouvelle (40) / Ville de Sadirac (33) / Ville d’Arès (33) / DRAC Nouvelle-Aquitaine

© A. Guerbert
Compagnie chevale
(Sadirac – 33)
chevale est plusieurs.
Si elle porte les projets artistiques de Chantal Ermenault la compagnie fabrique collectivement autour d’un noyau d’allié·es aux parcours et compétences complémentaires : metteuse en scène, comédien·nes, musicien·nes, scénographe, vidéaste, chorégraphe, constructeur·ices.
Notre façon consiste à convoquer ces singularités pour inventer des formes sensibles, résolument vivantes qui souhaitent faire entendre toutes les voix, tous les lieux et les luttes qui les traversent.
Nous concevons des spectacles qui ouvrent des brèches dans nos espaces de vie ordinaires, des petites trouées intimes où l’on tente de dire nos tremblements avec une écriture qui questionne, creuse un geste, une idée, un courage.
Convaincus que la poésie est un acte de résistance, nous défendons la nécessité d’un théâtre dehors sous le ciel, debout au contact direct des lieux (le paysage est souvent notre partenaire de jeu) et des publics.
Nous portons la lampe, nous creusons et cherchons à éclairer la nuit pour apercevoir la chevale.
En plus… la note d’intention
La question m’a été posée un jour de bascule : le jour où j’ai perdu celui que j’aimais.
Avant de perdre la vie il a demandé : « Quelle est la hauteur de l’eau ? ».
Depuis, cette phrase ne m’a plus quittée. Elle s’est muée en énigme, en obsession.
Écrire ce spectacle, c’est d’abord être restée longtemps au bord de cette phrase, puis décider d’y plonger enfin. Partir de cette question intime du manque, du vertige du vide, du souvenir pour tenter d’en tirer quelque chose de plus vaste.
J’ai longtemps cru qu’il fallait contenir ce qui nous déborde : tenir bon, tenir droit, tenir tout court. Puis j’ai compris qu’en laissant venir la crue, en en mesurant ensemble la hauteur, quelque chose de nous pouvait se relier. L’eau monte donc parfois sans prévenir, prend la forme de ce qu’elle rencontre et quand elle se retire, laisse sur les murs une trace, une ligne, une mémoire.
Je veux regarder cette ligne en face.
La Hauteur de l’Eau naît de cette tentative : voir l’eau monter, mesurer ce qui nous déborde et le nommer.
Dans Les morts à l’œuvre, Vinciane Despret montre comment les disparu·e·s continuent d’agir à travers les vivant·e·s, comment leur absence oblige à repenser notre rapport au temps, à l’œuvre et à la mémoire.
Ma création part de cette même logique : le jour où mon compagnon me demande « Quelle est la hauteur de l’eau ? », la question ne concerne pas seulement son départ mais un appel à entendre, une trace à mesurer.
Il ne s’agissait plus de retenir la montée, mais de la regarder, ensemble, pour en faire œuvre (non pas un monument funéraire, ouf) mais une cartographie sensible.
