Compagnie Les Philosophes Barbares – Tout ou Rien

"Tout ou Rien, la légende du Gang Kelly"

par la Compagnie Les Philosophes Barbares

Résidence : 30 mars -> 4 avril // Studio 900 - La Rochelle

Sortie de résidence : Samedi 4 avril · 16h // Place des Coureauleurs - La Rochelle

-> Pour mieux connaître l’univers de la Compagnie Les Philosophes Barbares, nous vous proposons de découvrir C’est pas (que) des salades, un spectacle de son répertoire.
>> Représentation : Samedi 28 mars · 16h // Square de la Laïcité/Rue de l’Armide – La Rochelle

Création 2026
Spectacle tout public dès 10 ans
Durée : 1h10

Mouvement, marionnettes et espace public

C’est à une veillée bien particulière que vous allez assister : les dernières heures du Gang Kelly, sortes de Robin des bois australiens qui ont bâti leur légende en se rebellant contre la couronne anglaise, à la fin du XIXème.
Ned Kelly : « Tout ça commence à me dépasser. Trop de fuites effrénées. Et je suis fatigué de toujours courir, galoper et me battre. Et ça me hante. Je voudrais savoir raconter. Expliquer que tous les torts ne sont pas de notre bord mais aussi de celui des propriétaires terriens, des flics assassins, voire de cette connasse patentée de reine Victoria qui a donné son nom au misérable bout de terre cramé sur lequel j’ai eu la malchance de grandir. »
Autour du brasero, le public s’installe pour une veillée dans une unité de lieu et de temps qui sera bousculée, bientôt l’étau va se resserrer, nous projetant dans un véritable état de siège, une dramaturgie de l’urgence et du compte à rebours. Le spectacle prend la forme d’une tragédie festive où s’entremêlent la fable et la farce, où la violence latente doit être apprivoisée, où l’on questionne l’ordre établi, à tout prix.

Équipe

Écriture collective dirigée par Juliette Nivard, Claire Schumm
Mise en scène Juliette Nivard
Dramaturgie Claire Schumm
Comédien·ne·s marionnettistes Glenn Cloarec, Anna Delpy, Claudia Hughes, Damien Valero
Construction marionnettes Paolo Duarte
Composition, musique live Stanislas Trabalon
Costumes, accessoires Paola-Céleste Heuer
Construction décors, objets Robin Tesseny
Production Lucie Vieille-Marchiset
Diffusion, communication Quentin Bocquet

Coproductions : Sur le Pont · CNAREP en Nouvelle-Aquitaine, La Rochelle (17) / Le Sablier – Centre national de la marionnette, Ifs (14) / MIMA – Marionnette actuelle, Mirepoix (09) / Marionnettissimo, Tournefeuille (31) / Espace Culturel des Corbières, Ferrals-les-Corbières (11) / Espace Jéliote – Centre national de la Marionnette, Oloron-Sainte-Marie (64) / Communauté de Communes Région Lézignanaise Corbières Minervois, Ornaisons (11) Soutiens : La Laverie, Saint-Étienne (42) / La Transverse, Corbigny (58) / Les Zaccros d’ma Rue, Nevers (58) / Ville de Pamiers (09) / Département de l’Ariège (09) / Région Occitanie/Pyrénées-Méditerranée / DRAC Occitanie

© François Ailleurs

Compagnie Les Philosophes Barbares

(Mirepoix – 09)

« Nos spectacles en témoignent : nous pratiquons un théâtre visuel qui nous permet de combler notre envie de parler du monde qui nous entoure, concrètement, matériellement même. Et surtout de susciter des émotions, au sens étymologique du terme – c’est à dire de mettre en mouvement – les choses et les gens, tout en racontant des histoires. »
Depuis quelques années, le travail de la compagnie prend un axe résolument politique où le théâtre de mouvement, d’objets et de marionnette dans l’espace public se met au service de sujets sociétaux. Ils·elles envisagent la fiction comme une aire de jeu propice à l’émancipation, un lieu utopique d’expression libre à même de repenser avec humour et délicatesse les enjeux de notre humanité.
Z. ça ira mieux demain (2018) traite du transhumanisme. C’est pas (que) des salades (2020) questionne notre rapport à la terre et aux métiers de l’agriculture. La Recomposition des Mondes participe à l’impérieuse envie de désincarcérer les imaginaires et de créer, si ce n’est de nouvelles « mythologies », tout du moins de nouveaux récits. Car il s’agit là pour la compagnie d’un enjeu majeur, son métier étant de raconter des histoires. En d’autres termes, ils·elles souhaitent rendre aux (télé)spectateur·rice·s leur temps de cerveau disponible, le remettre à leur disposition… ou au moins y contribuer.
La compagnie est née de la rencontre de deux artistes Glenn Cloarec et Juliette Nivard au sein de l’École Internationale de Théâtre LASSAAD à Bruxelles en 2009, aujourd’hui elle est structurée autour d’une équipe composée de 5 personnes :
Juliette Nivard – directrice artistique, Glenn Cloarec – comédien, Joël Morette – chargé de production, Quentin Bocquet – chargé de diffusion et de communication et Lucie Vieille-Marchiset – administratrice.

Créations : Volatiles et féculents (2012) / Nom d’une pipe ! En êtes-vous sciure ? (2014) / Monsieur Jules, l’épopée stellaire (2014) / Une Chair Périssable (2016) / Z. ça ira mieux demain (2018) / C’est pas (que) des salades (2020) / La Recomposition des Mondes (2022) 

En plus… la note d’intention

Après avoir revisité l’histoire contemporaine, décortiqué les mécaniques addictives des relations amoureuses, vulgarisé le projet transhumaniste, rendu hommage aux souffrances du monde paysan, donné la parole au vivant et renversé la pyramide du pouvoir ; c’est la légende de célèbres bandits, le bien nommé Gang Kelly qui m’interpelle.
Edward Kelly, dit Ned, est le héros australien le plus aimé. J’ai découvert son histoire alors que j’habitais là-bas. Plus d’un siècle après sa condamnation à mort prononcée en 1880, ce bandit des grands chemins, considéré comme le Robin des bois du bush, continue à fasciner et à susciter l’admiration.
Celui qui ne possédait rien, hormis son audace, son cheval et son flingue, a légué à la postérité, une figure de légende : celle de l’immigré irlandais très pauvre, en rébellion contre les colons anglais qui monopolisaient les meilleures terres, l’argent et le pouvoir. Volontiers lyrique dans sa haine contre ces Anglais, il fit écrire une lettre (aujourd’hui devenue célèbre) à la reine d’ Angleterre dans laquelle il dénonçait la discrimination dont il était victime.
Ce voleur de chevaux, ce braqueur de banques déclaré hors-la-loi en 1878 et dont la tête fut mise à prix à 8 000 livres (l’équivalent d’un million d’euros), avait aussi le goût de la farce. Lui et sa bande – son frère et deux amis – n’hésitaient pas à brûler les prêts hypothécaires qu’ils trouvaient dans les banques, détruisant les liens de subordination des emprunteurs endettés.
Ils se plurent aussi à faire leurs emplettes déguisés en policiers et à envoyer la facture aux autorités locales.
Lors de son ultime fait d’armes dans la petite ville de Glenrowan, une bataille rangée contre des wagons entiers de policiers furieux, les bandits revêtirent de drôles d’armures, fabriquées pendant des mois avec des morceaux de métal récupérés dans des fermes pour tenter de survivre à cet assaut final. Tous moururent sauf Ned.
Il aura, le jour de son exécution, à l’âge de 25 ans, une formule laconique : « Such is life ».
Avec le Gang Kelly, c’est à la mort, à la vie. Ils n’avaient peur de rien. Ils étaient dignes et libres. Mais aussi fiers et jusqu’au-boutistes. Quitte à être cons. Quitte à commettre l’irréparable. En revendiquant leur statut de hors la loi, ils ont questionné la légitimité de celle-ci. Courageux ou irresponsables ? Prophètes martyrs ou terroristes mégalos ?
Ned Kelly est considéré par les uns comme un dangereux fugitif, un vilain, un tueur de policiers, et par les autres comme une fierté nationale qui incarne la résistance des opprimés contre la classe dirigeante. Sa légende résonne en moi avec cette phrase de Bertold Brecht « Qui est le plus grand criminel : celui qui vole une banque ou celui qui la fonde ? »