HydroLabo-Bardaf! – Cure Castor

"Cure Castor"

par le Collectif L'Hydro Labo - Compagnie Bardaf !

Sortie de résidence :

Samedi 7 novembre // Luxey (40)

Tout public dès 7 ans

Résidence : 2 > 8 novembre // Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne

Déambulation au confluent des arts du récit et de la rue

En coréalisation avec :

La rivière est malade, elle a perdu sa liberté de mouvement. Un remède se profile, simple et naturel : La Cure Castor.
Une déambulation contée, immersive, visuelle, sensible et cocassement
pédagogique, où les conteur·euse·s font de la rivière leur espace de jeu. Et du castor, leur héros !
Il y a un enjeu majeur à transformer l’imaginaire des rivières possibles, vivantes, et la puissance de nos récits doit s’y employer !
Cure Castor est une forme collective en déambulation réunissant quatre conteur·euse·s et une rivière, entre récit documentaire et fiction pour sortir de l’éco-anxiété pour aller vers une une pensée désaltérée !

Création 2026 // Durée : 1h20

Équipe

Écriture, mise en scène, interprètes Lénaïc Eberlin, Sylvie Faivre (Pudding Théâtre), Claire Rassinoux, Julien Tauber (Compagnie Caktus) avec en alternance Eurgen Le Bras (Compagnie La Grande Roue)
Construction, Régie, Effets low-tech et musicaux Fred Valla

Scientifiques, technicien·ne·s associé·e·s
Elise Catalon
– Mariane du projet Hydromorphologue, ingénieure d’étude et technicienne des rivières
Serge Dumont – Hydrogéologue, réalisateur, Maître de conférences en géographie et aménagement, Strasbourg
Emmanuel Walczak – Technicien rivières, hydromorphologie et viticulteur
Jean-François Staerck – Technicien rivières, continuité écologie, zone humide E

Expert·e·s complices
Suzanne Husky
– Artiste aquarelliste formée en agroécologie
Baptiste Morizot – Philosophe du vivant
Marine Calmet – Juriste présidente de l’association Wild Legal
Marc Mortelmans – Journaliste, réalisateur, auteur du podcast indépendant Baleine sous gravillons et Mécaniques du vivant pour France Culture
Jean-Loïc Le Quellec – Anthropologue et préhistorien, Directeur de recherche émérite au CNRS (Mythologie, origine des mythes d’origine)
Brice Le Maire – Agronome, naturaliste et nichoiriste, membre du MAPCa
Clément Délis – Forestier, membre du MAPCa (Mouvement d’Alliance avec le Peuple Castor)

Production : Compagnie Bardaf !
Coproductions : Sur le Pont · CNAREP en Nouvelle-Aquitaine, Le Rochelle (17) / Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne / LaCuisine, Muttersholtz (67) / APPAROA – Association pour la Promotion des Arts du Récit et de l’Oralité en Alsace / Le Grand Lieu du Conte, Saint-Aignan-Grandlieu (44) / Archipel(s) Lozère – Associations La Fabulerie et LaboRieuse (48) / Association Théra.terre – Projet RESTOR Médecine Castor Citoyenne, Montaigu-de-Quercy (82) / La CLEF, Fegersheim (67)
Soutiens : Association La Grange aux Paysages, Lorentzen (67) / Aide à la création artistique – Ville de Strasbourg (67) / SDEA – Syndicat Des Eaux et de l’Assainissement d’Alsace-Moselle / TIRIS – Toulouse Initiative for Research’s Impact on Society / l’OFB – Office Français de la Biodiversité / l’Office de l’Eau de Guyane – Conservatoire des Espaces Naturels de Guyane / DRAC Guyane

© Jordan Lorthioir

Compagnie Bardaf !

(Muttersholtz – 67)

La compagnie Bardaf ! développe depuis une quinzaine d’années les créations de Lénaïc Eberlin, conteur, metteur en scène et ancien cuisinier-éducateur nature.
À la croisée des arts du récit, du théâtre d’objet, de la performance et des arts de la rue, elle crée des formes pour tous les publics, en salle comme hors les murs.
La compagnie explore particulièrement la création en espace naturel et la manière dont le récit peut entrer en relation avec les paysages et les milieux vivants. Ses recherches se nourrissent du terrain, de rencontres avec celles et ceux qui habitent, étudient ou prennent soin de ces milieux, et du dialogue entre pratiques artistiques, sciences et savoirs naturalistes.
À Muttersholtz, la compagnie a initié le festival L’Avide Jardin, Le Carbet de passage et LaCuisine, lieu de fabrique de l’oralité.
En 2024 naît L’Hydro Labo, collectif de quatre conteuses et conteurs qui explore les milieux rivières et leur régénération, et dont est issue la création Cure Castor. La compagnie développe aujourd’hui ses projets en Grand Est, à l’échelle nationale et en Guyane, au gré des territoires, des rencontres et des collaborations artistiques.

Créations : Les mains à la pâte (2013) / Les yeux plus gros que le ventre (2016) / Zawa-Pinim, l’homme Jaguar (2019) / L’Arpenteuse (2020) / Criées Volantes (2020) / Bestiaire Amazonien (2022) / Le vieux qui lisait des romans d’amour, d’après le roman de Luis Sepúlveda (2023)

En plus… l’intention du spectacle !

Sommes-nous à l’aube de la guerre de l’eau ?
La gestion de l’eau et son partage sont longtemps restés dans le champ des questions techniques. Les dérèglements climatiques, les sécheresses répétées, les inondations spectaculaires ou encore les mobilisations contre les méga-bassines font sortir l’eau de l’invisibilité politique et en font une question centrale.
Deux siècles de pensée aménagiste ont conduit à défigurer, à drainer massivement les cours d’eau et à assécher les terres. Une rivière n’est pas le trait bleu sur la carte. Un fleuve bat au rythme des crues et des décrues. Les peintures qui ont forgé nos imaginaires bucoliques des rivières datent de l’époque phare de dégradations de ces milieux, ainsi nos représentations des cours d’eau sont à l’image de leurs appauvrissements : corsetés, vidés. Il y a un enjeu majeur à transformer l’imaginaire des rivières possibles, vivantes, et la puissance de nos récits doit s’y employer.
Nous savons la puissance des récits, nous appelons à notre secours nos paroles, notre poésie, nos histoires, celles que nous avons entendues et vécues. Nous aspirons à transformer et à réenchanter nos imaginaires collectifs. En partageant et en faisant vivre au spectateur les expériences qui nous auront touchées. En racontant la cosmogonie de la rivière, du castor et de nos destins liés. En puisant nos inspirations dans les luttes et surtout dans les victoires territoriales, dans celles des combats autochtones, néo-autochtones et des droits de la nature. En convoquant le bestiaire de créatures fabuleuses des rivières vivantes pour comprendre nos interdépendances et apprendre à coexister. En nouant des alliances avec les peuples du vivant face au chaos climatique pour abriter à nouveau la vie.
Connaissons-nous les cycles de l’eau ?
L’eau est à notre service, il n’y a qu’à tourner un robinet et elle apparaît. Nous l’utilisons au quotidien dans toutes nos activités, on boit, on se douche, on mange, on cuisine, on produit de l’énergie, on irrigue, on transforme, on fabrique…
Il faut 1 000 litres d’eau pour produire un jean, 100 000 pour fabriquer un ordinateur. À mesure que grandissent notre savoir et notre puissance matérielle, nous nous montrons de plus en plus impérieux face à notre environnement. Or tout comme nos rythmes de vies et de productions, les cycles de l’eau s’accélèrent eux aussi et entraînent dans cette course folle un climat qui s’emballe et produit des aléas extrêmes.
Quelles sont les pistes d’une réappropriation de l’eau dans nos vies ? Avons-nous encore une marge de manœuvre pour endiguer les catastrophes ? Que reste-il à préserver ? Est-il possible de guérir les milieux naturels ? Quelles sont les pistes pour réparer des fragments du monde vivant et nos relations à lui pour traverser la crise climatique sans qu’il devienne trop inhospitalier ?
Baptiste Morizot, philosophe du vivant, dit, à peu près en ces termes, que nous avons longtemps cru que nous étions seul·e·s sur la planète à pouvoir tout prendre, à tout détruire, à avoir confisqué tout l’espace à une myriade de formes de vies qui rendaient le monde habitable. Une rivière, comme une forêt ou un milieu marin, est une puissance capable de sa propre régénération et nous pouvons participer localement à l’autoguérison de petits mondes en s’alliant à leurs propres forces régénératrices pour abriter à nouveau la vie.
C’est cela le sentiment de ne pas être seul !
Les initiatives qui tentent de changer de paradigme, en reprenant les rivières aux machines, en s’inspirant des savoir-faire d’animaux et d’insectes, en nouant des alliances avec le peuple castor, en ménageant plutôt qu’en aménageant, en donnant des droits et des personnalités juridiques aux pollinisateurs, aux forêts, aux rivières, en devenant les gardien·ne·s d’un milieu, de nos communs, en se soulevant aux côtés des habitant·e·s humain·e·s
et non-humain·e·s d’un territoire face à la voracité de l’agrobusiness ou de projets écocides sont nombreuses, permettent des victoires et sont revigorantes.